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Vrai/faux sur les violences




« Pour recevoir de l’aide en cas de violences physiques, psychiques ou sexuelles, je suis obligé·e de porter plainte. »

FAUX.


Il existe de nombreuses ressources pour vous aider si vous êtes ou avez été victime de violences. Les centres de consultation LAVI peuvent vous recevoir anonymement et gratuitement dans tous les cantons, afin de vous fournir un soutien juridique, psychologique, social ou financier notamment. Par ailleurs, de nombreuses associations sont là pour vous soutenir.


Sachez également que certaines situations de violences portées à la connaissance de la Police (par vous-même ou par une tierce personne) entraînent d’office l’ouverture d’une enquête. Un signalement peut tout à fait être effectué sans dépôt de plainte. Les violences contre la personne, les menaces, l’enlèvement ou la séquestration, la mise en danger, l’omission de porter secours, le viol ou la contrainte sexuelle, ou encore l’incitation à la prostitution font partie des infractions poursuivies d’office. Le Ministère public s’efforcera de mettre la société, et donc vous-même, à l’abri de l’auteur·e des violences, si celles-ci sont avérées. Vous pourrez alors être cité·e comme témoin, à moins qu’un lien de parenté ne vous lie à la personne qui a commis les violences, auquel cas l’on ne peut pas vous obliger à témoigner.

« La violence est une maladie. Les personnes qui commettent des violences ne le font pas exprès, ce sont aussi des victimes. »

FAUX.


L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) définit la violence comme l’usage délibéré ou la menace d’usage délibéré de la force physique ou de la puissance contre soi-même, contre une autre personne ou contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou risque fort d’entraîner un traumatisme, un décès, un dommage moral, un maldéveloppement ou une carence.


La violence n’est pas une maladie en soi, mais l’expression – en paroles, en gestes ou en actes – d’un désir de dominer, de contrôler, de rabaisser ou de blesser.

« J’ai une part de responsabilité dans les violences que j’ai subies. »

FAUX.


Quelles que soient votre attitude, vos paroles ou votre manière de vous habiller, rien n’autorise une personne à porter atteinte à votre intégrité.


Une jeune femme qui porte une mini-jupe ou un haut décolleté ne provoque pas les hommes et, bien évidemment, ce n’est en aucun cas une invitation à avoir des relations sexuelles, tout comme une femme qui accepte un verre de la part d’un homme ne consent pas pour autant à avoir des relations sexuelles avec lui. De même, un homme ne pourra jamais justifier d’avoir été violent avec sa compagne parce qu’elle était tellement chiante que ça l’a poussé à bout.


Si cela vous est arrivé et que vous vous sentez responsable d’avoir engendré la situation ou que l’on vous dit que vous l’avez cherché, sachez que vous n’êtes aucunement en cause et que la loi est de votre côté.

« La violence est bien plus répandue que l’on ne croit. »

VRAI.


Selon une enquête réalisée en avril 2019 par gfs.bern (N = 4’495), 22% ¹ des femmes dès 16 ans déclarent avoir subi des actes sexuels non consentis. Par ailleurs, une étude représentative réalisée à l’automne 2021 par l’institut Sotomo a révélé que 42% ² des femmes en Suisse ont déjà souffert de violences au sein du couple.


En extrapolant à la population féminine totale de Suisse âgée de 16 ans et plus (environ 3,6 millions d’après l’OFS en 2019), cela correspondrait à :


¹ près de 800’000 femmes

² plus de 1’500’000 femmes.

« On ne peut pas vraiment parler d’agression sexuelle si j’étais en couple avec la personne. »

FAUX.


Que vous soyez ou ayez été en couple avec une personne ne lui donne pas le droit d’avoir des relations sexuelles avec vous sans votre consentement. Votre partenaire doit s’assurer que vous consentez à avoir un rapport sexuel, et ceci à chaque fois. Y avoir consenti par le passé ne signifie en aucun cas un consentement permanent.


Le consentement sexuel consiste à exprimer clairement et librement son désir d’entamer une relation sexuelle et il peut être retiré en tout temps, même pendant l’acte.

« Si je dénonce les violences que j’ai subies, ça va être pire après. »

FAUX, si vous êtes bien accompagné·e.


Si vous subissez des violences domestiques, prenez contact « discrètement » avec la Police et/ou la LAVI, afin d’être bien accompagné·e et d’écarter tout risque d’escalade. L’une comme l’autre sont là pour vous protéger. La LAVI s’occupera de vous mettre à l’abri avec vos enfants (hébergement d’urgence) et la Police prendra immédiatement les mesures nécessaires pour empêcher de nouvelles violences (prise en charge de la personne qui les a commises et mesures contraignantes).


Quelles que soient les violences dénoncées et l’avancement de la procédure, si l’auteur·e des violences cherche à vous intimider ou vous menace, la Police est à vos côtés 24/7 pour intervenir. Vous pouvez donc vous sentir en sécurité.


En ce qui concerne tout le processus de reconstruction par lequel vous devrez passer après avoir subi un traumatisme, il peut être éprouvant. Là encore, il est important de pouvoir être accompagné·e par un·e psychologue ou psychothérapeute.

« Un homme violent peut bien le cacher. »

VRAI.


La violence domestique se vit typiquement à huis-clos, si bien qu’il est parfois impossible pour l’entourage de la déceler. De plus, les conjoints violents sont souvent de formidables manipulateurs, qui s’affichent en société comme des personnes charmantes et agréables, ce qui rend la violence domestique d’autant plus difficile à dénoncer, ne serait-ce qu’auprès de vos proches.


N’oubliez pas que les professionnel·le·s (LAVI, Police, avocat·e·s) ont l’habitude de ces situations, vous croiront d’office et sont là pour vous aider.

« Je suis victime de violence psychologique, mais cela se passe toujours à la maison, à l’abri des regards. C’est impossible à prouver, c’est ma parole contre la sienne. »

FAUX.


La violence psychologique peut prendre plusieurs formes: insultes, humiliations, menaces (contre l’autre ou contre soi-même), cris, critiques, jalousie extrême ou négligence. La violence sociale (contrôle ou isolement) et la violence économique (contrôle/confiscation des ressources financières ou des biens, interdiction/obligation de travailler) sont aussi des formes de violence psychologique.


Elle a beau être invisible, la violence psychologique n’en est pas moins destructrice pour les personnes qui en sont victimes, puisqu’elle engendre des troubles psychosomatiques parfois graves. Cette invisibilité la rend également plus difficile à établir pénalement que la violence physique, mais cela ne signifie pas qu’il est impossible de la faire condamner et qu’il ne faille pas agir pour la faire cesser.


Le code pénal définit certaines formes de violence psychologique dans ses art.156 (chantage), 173 à 177 (délits contre l’honneur), 180 (menace), 181 (contrainte), 183 et 184 (séquestration) ou encore 219 (violation du devoir d’assistance ou d’éducation).


Si vous vous êtes confié·e à votre médecin ou thérapeute au sujet des violences que vous subissez et de leurs conséquences sur votre vie quotidienne, cela peut aider à les caractériser auprès d’un Tribunal.


Dans tous les cas, vous pouvez prendre contact par téléphone (c’est 100% anonyme et gratuit) avec un centre de consultation LAVI proche de chez vous, afin d’évaluer votre situation. Si toutes les situations de violence psychologique ne sont pas du ressort de la LAVI, celle-ci vous orientera vers d’autres associations qui pourront vous accompagner et vous aider.



Illustration artbesouro | iStockPhoto


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