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Vince, 43 ans (VS)

Notre ressenti ne se trompe jamais et il est toujours légitime. Notre ressenti nous appartient et personne n’a le droit de le juger ! Si vous vous sentez mal à l’aise en présence d’une personne, si une personne arrive à vous déstabiliser, si vous ressentez un inconfort, c’est votre droit et vous avez raison !

 

Voilà ce que ces six dernières années m’ont appris. J’en ressors grandi et je ne regrette rien.

 

Je me présente : Vince, enseignant. Une nouvelle équipe de collègues s’est créée voilà environ dix ans. Je n’avais à ce moment pas encore la maturité de décoder la dynamique qui se mettait sournoisement en place. Je sentais par contre qu’un élément ne collait pas. Progressivement, il y a eu de plus en plus de critiques envers différents collègues. Cette personne avait un besoin certain de contrôle. Ce contrôle se mettait en place par de nombreux actes de soumissions, toujours insuffisamment graves pour être percés.

Nous sommes tous tombés dans le panneau parce que l’enseignant en question défendait la rigueur, la ponctualité, l’équité. C’est bien la rigueur, non ? Je me suis culpabilisé de ne pas en faire suffisamment et je suis progressivement entré dans ce jeu. Ce collègue n’était pas même notre chef, mais une épée de Damoclès stationnait en permanence au-dessus de ma tête. Que va-t-il dire si je ne suis pas assez en avance ? Ai-je bien éteint les lumières, atteint mon quota d’élèves collés ?

Les critiques discrètes du début sont devenues de plus en plus intenses. Elles ne touchaient plus les actes, mais la personne. La critique a donné lieu à la manipulation. Le dialogue n’était plus possible. Je me suis finalement habitué à la situation. Certaines situations ont été extrêmement traumatisantes.

Cette situation a duré environ six ans ! En y repensant, je me dis que je suis fou d’avoir toléré cela si longtemps.


J’ai progressivement pris conscience de la situation, j’ai pu l’observer. J’ai appris à la tolérer et à prendre de la distance. Cela m’a permis de moins souffrir, mais cela n’a pas stoppé le harcèlement. Jusqu’au jour où il a fallu dire STOP !!! 


Je n’ai pas déposé de plainte pénale. J’ai contacté le bureau de gestion des conflits de mon canton, où j’ai eu la chance de rencontrer une personne de confiance extrêmement compétente et aidante. Je ne suis aujourd’hui qu’a quelques semaines de cette décision. Celle-ci a provoqué un tsunami. Nous sommes actuellement en pleine tempête, mais je suis serein. Je me sens tellement plus léger. J’ai la sensation de revivre. Je ne regrette pas d’avoir pris la décision de demander de l’aide.


S’il vous plaît, et ceci dans n’importe quel contexte, si vous ressentez du stress, de la pression, du harcèlement, agissez !


Il existe de multiples façons d’agir : cela peut être avoir la force de s’opposer, cela peut être prendre de la distance (physique incluse) ou demander de l’aide… Vous serez guidé, soulagé et la situation s’améliorera grandement ! Je vous le souhaite et vous le méritez toutes et tous…


PS : N’étant qu’au début de la démarche, je me permettrai d’écrire une suite à cet épisode…

Mars 2022