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Cynthia, 51 ans (BE)

Le bonheur d’accueillir notre enfant pour avancer et construire une vie de famille était sans compter sur le changement radical du père. Très vite, lorsque je suis devenue fatiguée, épuisée par l’arrivée de notre enfant (allaitement, peu de sommeil), j’ai compris que cela serait compliqué. Une jalousie du père s’est installée et les paroles blessantes ont fusé. Tu ne sais pas y faire, tu n’y arrives pas...

 

L’énervement, l’agressivité s'installent, je ne suis que rabaissée, le père n’est que peu présent et lorsque nous sommes les trois, cela n’est qu’agressif (je suis intervenue 2 fois pour éviter qu’il ne s’en prenne à notre fils).

 

Après 5 années, une fin de journée, ce ne sont plus les paroles qui fusent, mais 5 coups de poings dans mon visage... Je ne sais comment j’ai réussi à m’en éloigner et me retirer de cette violence. Je réussis à prendre mon téléphone, premier réflexe je me prends en photo, je ne sais quel numéro appeler pour être secourue. Notre fils, du haut de ses 5 ans, était là, il est parti auprès de son père, je n’ai pas su le retenir. J’entendais son père dire : j’appelle la police si tu veux, je n’ai rien à me reprocher. Cette phrase est répétée en boucle. Au final, en toute discrétion, j’ai retrouvé mon esprit et j’ai réussi à appeler la police. Notre fils revient vers moi et me raconte qu’il a aidé son papa à nettoyer... 10 minutes plus tard, la police est là, le père dit : tu as de nouveau fait tout faux pour notre fils.

 

Je pars avec notre enfant, la police nous conduit en direction d’un lieu familial pour mon fils et les policiers m’accompagnent à l’hôpital pour être examinée.

 

Là, une médecin m’ausculte et me mitraille de photos. Un scanner suivra. Diagnostic : nez cassé, arcades sourcilières fortement endommagées ainsi que la mâchoire. Un léger saignement crânien interne est décelé...

 

Deux jours après, j’ai fait ma déposition de plainte...

 

Le procureur m’a entendue quelques semaines après. Mon ex-mari a eu 6 mois avec sursis et l’obligation de suivre une thérapie. Il s’est rendu une fois voir ce professionnel de santé et il m’a dit que cela serait un bon spécialiste pour moi. Que lui n’avait pas besoin de suivi.

 

L’erreur est que je suis retournée vivre avec le père, 4 semaines après les faits, je ne savais pas où aller, comment m’en sortir, j’étais sous son influence.

 

Après 8 mois, nous avons fini par divorcer, à condition que j’accepte la garde partagée de notre fils... Aujourd’hui, cela fait 7 ans que nous sommes divorcés et je subis encore du harcèlement et des complications de cet homme, c'est infini, il a pratiqué le SAP (syndrome d’aliénation parentale, ndr) pour me nuire un maximum.

 

Les photos du dossier médical sont stupéfiantes et bien plus parlantes que les mots, ce n’est pas le souvenir idéal, mais elles sont là.

 

Je suis reconnaissante de m’en être rétablie sans séquelles, mais poursuivie par le harcèlement et cet abonnement, on ne le paye pas, on le subit.

 

Il aurait été judicieux de recevoir un soutien de professionnel pour affronter les suites de cette violence domestique, afin que je puisse être guidée et soutenue dans les démarches, que je ne me sente pas seule, je pense que si tel avait été le cas, je m'en serais remise plus vite et mon fils aurait été également soutenu afin que nous soyons protégés de ce PN.

 

Au fond de moi, je sais qu'il n'y a qu’une solution, partir et ne plus revenir (compliqué avec un ou plusieurs enfants). Faire appel aux structures d'accueil actuelles...

 

Porter plainte.

 

Ces violences domestiques se sont déroulées dans « soi-disant une famille de bonne situation » et originaire du canton de Berne.

Avril 2023

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